Les habits neufs de l'empereur

Publié le par elsatevel.over-blog.com

Publié en 1837, le conte d'Andersen "Les habits neufs de l'empereur" met en scène un empereur féru de mode qui se prépare à défiler devant ses sujets. Deux escrocs avertis de sa marotte se font passer pour tisserands, et offrent à l'empereur de lui réaliser un somptueux habit dans une étoffe que seuls les gens intelligents peuvent voir.

Les brigands empochent l'argent de la commande, simulent de tisser sur des métiers vides et de confectionner l'habit. A l'essayage le roi ne voit rien mais décide de se montrer content, car quel peuple voudrait d'un empereur idiot? Toute la cour et les ministres admirent en choeur, et vient le jour du défilé. La foule s'émerveille des nouveaux habits de sa majesté, sauf un gamin qui s'écrie: "l'empereur est tout nu!".

L'imposture révélée par une bouche innocente: les habits neufs de l'empereur montrent les pièges du conformisme et nous renvoient à la question: en matière d'art, comment savoir quand le roi est nu?

 

1887 Duchamp Tate Gallery Fontaine

 

Pour inaugurer cette série des habits neufs, et tester ce qu'il reste en nous d'innocence (et de discernement?), rien de tel que "La Fontaine" (1917) de Marcel Duchamp, une blague de potache qui a tourné en posture esthétique, et entraîné dans son sillage un bataillon de suiveurs toujours à l'oeuvre aujourd'hui.

L'urinoir original a disparu, mais l'artiste en a réalisé plusieurs répliques d'un blanc pur, chefs d'oeuvre de l'art plombier, acquises par les plus grands musées dont le Centre Pompidou à Paris et la Tate Gallery à Londres. Elles enrichissent également quelques collections privées, raccordées ou non, on ne sait pas.

Avec Marcel Duchamp s'ouvre une sélection subjective de sculpteurs qui ont choisi de provoquer. Leur date de naissance sera le fil conducteur, de 1887 à 1970.

Publié dans Marcel Duchamp

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