Flânerie dans le Salon Carré du Louvre (2)

Publié le par Elsa Tevel, sculpteur

Une scène impossible à voir aujourd'hui : sous l'œil d'un gardien en tenue militaire, deux zouaves commentent la gigantesque toile du Repas chez Simon, pendant qu’une élégante en crinoline rêve devant l’Assomption de Murillo.

Les crinolines n’ont pas survécu au second empire, et les gardiens sont devenus des agents de surveillance. Quant toiles observées, elles ont toutes deux changé d’adresse.

Giuseppe Castiglione (1829-1906) : Vue du Grand Salon Carré, au Musée du Louvre, salon de 1861, 69X103, Musée du Louvre.

Giuseppe Castiglione (1829-1906) : Vue du Grand Salon Carré, au Musée du Louvre, salon de 1861, 69X103, Musée du Louvre.

Le Repas chez Simon

"Peint pour le réfectoire d'un couvent vénitien, ce tableau fut donné par la République de Venise à Louis XIV en 1664 et placé dans la galerie d'Apollon au Louvre. Transféré à Versailles en 1712, puis reparti au Louvre, il a été déposé par ce musée à Versailles en 1961.

Cette œuvre appartient à une série de banquets religieux, peinte par Véronèse entre 1562 et 1573, dans laquelle le repas biblique est représenté comme une réunion mondaine. Le Christ est entouré de personnages religieux et de portraits de contemporains Vénitiens : cette désacralisation et la fantaisie de l'inspiration, visible dans la diversité des costumes et des expressions, vaudront à Véronèse de comparaître devant un tribunal religieux".

(Commentaire du site du Château de Versailles).

Paolo Véronèse (1528-1588) : Le Repas chez Simon, v.1572, 454X974, Château de Versailles (cliquer pour agrandir la photo).

Paolo Véronèse (1528-1588) : Le Repas chez Simon, v.1572, 454X974, Château de Versailles (cliquer pour agrandir la photo).

L’Assomption de la Vierge des Vénérables

Il lui aura fallu près d’un siècle pour faire l’aller-retour Espagne-France, prenant au passage le titre d'Assomption de la Vierge de Soult, du nom de son ravisseur.

Jean-de-Dieu Soult, maréchal d’empire, a participé au pillage de Séville pendant la guerre napoléonienne, dépouillant l’église des Vénérables du tableau de Murillo au profit de son domicile parisien. Le musée de Louvre en fit l’acquisition après sa mort en 1852, permettant à Castiglione de le représenter dans le salon carré.

Objet d’un échange entre l’Espagne de Franco et les autorités françaises sous l’occupation en 1941, l'œuvre fait aujourd’hui partie des collections du Prado.

Bartolomé Esteban Murillo (1618-1682) : L’Assomption de la Vierge des Vénérables de Séville, dite aussi « de Soult », vers 1678, 274X190. Musée du Prado, Madrid.

Bartolomé Esteban Murillo (1618-1682) : L’Assomption de la Vierge des Vénérables de Séville, dite aussi « de Soult », vers 1678, 274X190. Musée du Prado, Madrid.

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